Le vieux pêcheur

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Le vieux pêcheur
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Au fil de l’eau coulant sans bruit, 

Triste et beau comme un vieux monarque, 

Perche en main, débout dans sa barque, 

Le pêcheur aspirait la nuit.
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Son extase mal contenue 

Rivait, pleins de larmes, ses yeux 

Au grand miroir mystérieux 

Où tremblait l’ombre de la nue.
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L’astre pur, à frissons follets, 

Jetait prodigue ses reflets 

A cette transparence brune ;
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J’entendis l’homme chuchoter :

 » C’te nuit ! fait-i’ bon d’exister ! 

Pour voir l’eau s’ens’mencer d’la lune.  »
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❤️ Maurice ROLLINAT ❤️
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