Dans l’Ombre et l’Extase Suprême …

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Toute la vie d’un coeur – 1822 – Quinze-vingt
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Nous étions seuls dans l’ombre et l’extase suprême. 

Elle disait : je t’aime ! et je disais : je t’aime ! 

Elle disait : toujours ! et je disais : toujours ! 

Elle ajoutait : nos coeurs sont époux, nos amours 

Vaincront la destinée, et rien ne me tourmente, 

Étant, toi le plus fort, et moi, la plus aimante. 

Et moi, je reprenais : la ville est sombre, vois. 

La sagesse serait de vivre dans les bois. 

Elle me répondait : vivons-y, soyons sages.
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Si vous voulez savoir le chiffre de nos âges, 

Elle quinze, et moi vingt : à nous deux nous faisions 

Un aveugle. Et nos yeux étaient pleins de rayons.
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❤️ Victor Hugo ❤️
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Les enfants pauvres …

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Les enfants pauvres
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Prenez garde à ce petit être ; 

Il est bien grand, il contient Dieu. 

Les enfants sont, avant de naître, 

Des lumières dans le ciel bleu.
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Dieu nous les offre en sa largesse ; 

Ils viennent ; Dieu nous en fait don ; 

Dans leur rire il met sa sagesse 

Et dans leur baiser son pardon.
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Leur douce clarté nous effleure. 

Hélas, le bonheur est leur droit. 

S’ils ont faim, le paradis pleure. 

Et le ciel tremble, s’ils ont froid.
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La misère de l’innocence 

Accuse l’homme vicieux. 

L’homme tient l’ange en sa puissance. 

Oh ! quel tonnerre au fond des cieux,
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Quand Dieu, cherchant ces êtres frêles 

Que dans l’ombre où nous sommeillons 

Il nous envoie avec des ailes, 

Les retrouve avec des haillons !
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❤️ Victor Hugo ❤️
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… Il faut que de mon âme une autre âme se double …

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ETRE AIME
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Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :

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Être aimé. Hors de là rien n’existe, entends-tu ? 

Être aimé, c’est l’honneur, le devoir, la vertu, 

C’est Dieu, c’est le démon, c’est tout. J’aime, et l’on m’aime. 

Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même, 

Fier, content, respirant l’air libre à pleins poumons, 

Il faut que j’aie une ombre et qu’elle dise : Aimons ! 

Il faut que de mon âme une autre âme se double, 

Il faut que, si je suis absent, quelqu’un se trouble, 

Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ? 

Si personne ne dit cela, je sens l’exil, 

L’anathème et l’hiver sur moi, je suis terrible, 

Je suis maudit. Le grain que rejette le crible, 

C’est l’homme sans foyer, sans but, épars au vent. 

Ah ! celui qui n’est pas aimé, n’est pas vivant. 

Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère ! 

A quoi bon l’univers ? l’âme qu’on a, qu’en faire ? 

Que faire d’un regard dont personne ne veut ? 

La vie attend l’amour, le fil cherche le noeud. 

Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ; 

L’avenir s’ouvre ainsi qu’une pâle fenêtre ;

Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit 

Orphelin ; l’azur semble ironique, on a froid ; 

Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n’apaise 

Cette honte sinistre ; on languit, l’heure pèse, 

Demain, qu’on sent venir triste, attriste aujourd’hui, 

Que faire ? où fuir ? On est seul dans l’immense ennui. 

Une maîtresse, c’est quelqu’un dont on est maître ; 

Ayons cela. Soyons aimé, non par un être 

Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n’est pas 

La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas

Cessent d’être perdus si quelqu’un les regarde. 

Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde, 

Sombre table de jeu, caverne sans rayons ! 

Qu’est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?

J’y bâille. Si de moi personne ne s’occupe, 

Le sort est un escroc, et je suis une dupe.

J’aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !

Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d’oeil ! 

Que le fuseau des jours lentement se dévide ! 

Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide ! 

Comment porter ce poids énorme, le néant ? 

L’existence est un trou de ténèbres, béant ; 

Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante 

Livre à l’affreuse bise implacable et grondante 

Françoise échevelée, un baiser éternel 

La console, et l’enfer alors devient le ciel. 

Mais quoi ! je vais, je viens, j’entre, je sors, je passe, 

Je meurs, sans faire rien remuer dans l’espace ! 

N’avoir pas un atome à soi dans l’infini ! 

Qu’est-ce donc que j’ai fait ? De quoi suis-je puni ? 

Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure. 

Cette chauve-souris de son aile m’effleure, 

L’indifférence, blême habitante du soir. 

Être aimé ! sous ce ciel bleu – moins souvent que noir –

Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine 

De mêler son visage à la laideur humaine, 

Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux 

Qui sentent un regard quelconque aller vers eux, 

Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille ! 

Qu’on soit aimé d’un gueux, d’un voleur, d’une fille, 

D’un forçat jaune et vert sur l’épaule imprimé, 

Qu’on soit aimé d’un chien, pourvu qu’on soit aimé !
14 mars 1874
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❤️ Victor Hugo ❤️
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CE QUI N’A PAS ENCORE DE NOM

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Ce qui n’a pas encore de nom
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Qui que tu sois, écoute : Il est.
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Qu’est-il ?
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Renonce !

L’ombre est la question, le monde est la réponse. 

Il est. C’est le vivant, le vaste épanoui ! 

Ce que contemple au loin le soleil ébloui, 

C’est lui. Les cieux, vous, nous, les étoiles, poussière ! 

Il est l’oeil gouffre, ouvert au fond de la lumière, 

Vu par tous les flambeaux, senti par tous les nids, 

D’où l’univers jaillit en rayons infinis. 

Il regarde, et c’est tout. Voir suffit au sublime. 

Il crée un monde rien qu’en voyant un abîme ; 

Et cet être qui voit, ayant toujours été, 

A toujours tout créé de toute éternité. 

Quand la bouche d’en bas touche à ce nom suprême, 

L’essai de la louange est presque lé blasphème. 

Pas d’explication donc ! Fais mettre à genoux 

Ta pensée, et deviens un regard, comme nous. 

Pourquoi chercher les mots où ne sont plus les choses ? 

Le vil langage humain n’a pas d’apothéoses. 

Ce qu’Il est, est à peine entrevu du tombeau. 

Il échappe aux mots noirs de l’ombre. On aurait beau 

Faire une strophe avec les brises éternelles, 

Et, pour en parfumer et dorer les deux ailes,

Mettre l’astre dans l’une et dans l’autre la fleur, 

Et mêler tout l’azur à leur splendide ampleur, 

On ne peindrait pas Dieu. Songeur, qu’on le revête 

De bruit et d’aquilon, de foudre et de tempête ; 

Qu’on le montre éveillé, qu’on le montre dormant, 

Sa respiration soulevant doucement 

Toutes les profondeurs de toute l’étendue, 

Remuant la comète au fond des cieux perdue, 

Le vent sur son cheval, la mort sur son éclair, 

Et le balancement monstrueux de la mer, 

On ne le peindra pas. Lui ! Lui ! l’inamissible, 

L’éternel, l’incréé, l’imprévu, l’impossible, 

Il est. La taupe fouille et creuse, et l’aperçoit ; 

L’ombre dit à la taupe : es-tu sûre qu’il soit ? 

La taupe répond : Dieu ! Dieu de l’aigle est la proie. 

Suppose que sur terre un seul être en Dieu croie, 

Cet être, si jamais le soleil s’éclipsait, 

Remplacerait l’aurore. Et sais-tu ce que c’est 

Que le fauve ouragan, tonnant et formidable ? 

C’est, dans les profondeurs du gouffre inabordable, 

L’infini murmurant : je l’aime ! à demi-voix ; 

Quand l’étoile rayonne, elle dit : je le vois !

Tout le cri, tout le bruit et tout l’hymne de l’homme 

Avorte à dire Dieu ! Le baiser seul le nomme.
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J’aime ! –
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❤️ Victor Hugo ❤️
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Ultima Verba

Ultima verba
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… Quand même grandirait l’abjection publique

A ce point d’adorer l’exécrable trompeur ;

Quand même l’Angleterre et même l’Amérique

Diraient à l’exilé : – Va-t’en ! nous avons peur !
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Quand même nous serions comme la feuille morte,

Quand, pour plaire à César, on nous renîrait tous ;

Quand le proscrit devrait s’enfuir de porte en porte,

Aux hommes déchiré comme un haillon aux clous ;
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Quand le désert, où Dieu contre l’homme proteste,

Bannirait les bannis, chasserait les chassés ;

Quand même, infâme aussi, lâche comme le reste,

Le tombeau jetterait dehors les trépassés ;
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Je ne fléchirai pas ! Sans plainte dans la bouche,

Calme, le deuil au coeur, dédaignant le troupeau,

Je vous embrasserai dans mon exil farouche,

Patrie, ô mon autel ! Liberté, mon drapeau !
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Mes nobles compagnons, je garde votre culte ;

Bannis, la République est là qui nous unit.

J’attacherai la gloire à tout ce qu’on insulte ;

Je jetterai l’opprobre à tout ce qu’on bénit!
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Je serai, sous le sac de cendre qui me couvre,

La voix qui dit : malheur ! la bouche qui dit : non !

Tandis que tes valets te montreront ton Louvre,

Moi, je te montrerai, César, ton cabanon.
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Devant les trahisons et les têtes courbées,

Je croiserai les bras, indigné, mais serein.

Sombre fidélité pour les choses tombées,

Sois ma force et ma joie et mon pilier d’airain !
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Oui, tant qu’il sera là, qu’on cède ou qu’on persiste,

O France ! France aimée et qu’on pleure toujours,

Je ne reverrai pas ta terre douce et triste,

Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours !
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Je ne reverrai pas ta rive qui nous tente,

France ! hors le devoir, hélas ! j’oublierai tout.

Parmi les éprouvés je planterai ma tente :

Je resterai proscrit, voulant rester debout.

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J’accepte l’âpre exil, n’eût-il ni fin ni terme,

Sans chercher à savoir et sans considérer

Si quelqu’un a plié qu’on aurait cru plus ferme,

Et si plusieurs s’en vont qui devraient demeurer.

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SI L’ON N’EST PLUS QUE MILLE, EH BIEN, J’EN SUIS !
SI MEME
ILS NE SONT PLUS QUE CENT, JE BRAVE ENCOR SYLLA ;
S’IL EN DEMEURE DIX, JE SERAI LE DIXIEME ;
ET S’IL N’EN RESTE QU’UN, JE SERAI CELUI-LÀ !

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❤️ Victor Hugo ❤️
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A celle qui est voilée 

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A celle qui est voilée
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Tu me parles du fond d’un rêve

Comme une âme parle aux vivants. 

Comme l’écume de la grève, 

Ta robe flotte dans les vents.
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Je suis l’algue des flots sans nombre, 

Le captif du destin vainqueur ;

Je suis celui que toute l’ombre 

Couvre sans éteindre son coeur.
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Mon esprit ressemble à cette île, 

Et mon sort à cet océan ; 

Et je suis l’habitant tranquille 

De la foudre et de l’ouragan.
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Je suis le proscrit qui se voile,

Qui songe, et chante, loin du bruit,

Avec la chouette et l’étoile, 

La sombre chanson de la nuit.

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Toi, n’es-tu pas, comme moi-même, 

Flambeau dans ce monde âpre et vil, 

Ame, c’est-à-dire problème, 

Et femme, c’est-à-dire exil ?
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Sors du nuage, ombre charmante. 

O fantôme, laisse-toi voir ! 

Sois un phare dans ma tourmente,

Sois un regard dans mon ciel noir !
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Cherche-moi parmi les mouettes ! 

Dresse un rayon sur mon récif, 

Et, dans mes profondeurs muettes, 

La blancheur de l’ange pensif !
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Sois l’aile qui passe et se mêle 

Aux grandes vagues en courroux. 

Oh, viens ! tu dois être bien belle,

Car ton chant lointain est bien doux ;
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Car la nuit engendre l’aurore ; 

C’est peut-être une loi des cieux 

Que mon noir destin fasse éclore

Ton sourire mystérieux !
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Dans ce ténébreux monde où j’erre, 
Nous devons nous apercevoir, 

Toi, toute faite de lumière, 

Moi, tout composé de devoir !

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Tu me dis de loin que tu m’aimes, 
Et que, la nuit, à l’horizon,

Tu viens voir sur les grèves blêmes

Le spectre blanc de ma maison.
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Là, méditant sous le grand dôme,

Près du flot sans trêve agité,

Surprise de trouver l’atome

Ressemblant à l’immensité,
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Tu compares, sans me connaître,

L’onde à l’homme, l’ombre au banni, 

Ma lampe étoilant ma fenêtre 

A l’astre étoilant l’infini !
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Parfois, comme au fond d’une tombe, 
Je te sens sur mon front fatal, 

Bouche de l’Inconnu d’où tombe

Le pur baiser de l’Idéal.
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A ton souffle, vers Dieu poussées,

Je sens en moi, douce frayeur,

Frissonner toutes mes pensées, 

Feuilles de l’arbre intérieur.
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Mais tu ne veux pas qu’on te voie ; 

Tu viens et tu fuis tour à tour ; 

Tu ne veux pas te nommer joie, 

Ayant dit : Je m’appelle amour.
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Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre, 

Si nul devoir ne le défend ; 

Viens voir mon âme dans son antre,

L’esprit lion, le coeur enfant ;
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Viens voir le désert où j’habite 

Seul sous mon plafond effrayant ; 

Sois l’ange chez le cénobite,

Sois la clarté chez le voyant.
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Change en perles dans mes décombres

Toutes mes gouttes de sueur ! 

Viens poser sur mes oeuvres sombres 

Ton doigt d’où sort une lueur !
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Du bord des sinistres ravines 
Du rêve et de la vision,

J’entrevois les choses divines… –

Complète l’apparition !
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Viens voir le songeur qui s’enflamme

A mesure qu’il se détruit, 

Et, de jour en jour, dans son âme

A plus de mort et moins de nuit !
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Viens ! viens dans ma brume hagarde,

Où naît la foi, d’où l’esprit sort,

Où confusément je regarde 

Les formes obscures du sort.
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Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;

Dieu, pour le penseur attristé, 

Ouvre toujours dans les ténèbres

De brusques gouffres de clarté.
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Avant d’être sur cette terre, 

Je sens que jadis j’ai plané ;

J’étais l’archange solitaire, 

Et mon malheur, c’est d’être né.
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Sur mon âme, qui fut colombe,

Viens, toi qui des cieux as le sceau.

Quelquefois une plume tombe 

Sur le cadavre d’un oiseau.
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Oui, mon malheur irréparable, 

C’est de pendre aux deux éléments,

C’est d’avoir en moi, misérable, 

De la fange et des firmaments !
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Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ; 

C’est de songer que j’étais beau, 

D’ignorer comment je me nomme, 

D’être un ciel et d’être un tombeau !
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C’est d’être un forçat qui promène

Son vil labeur sous le ciel bleu ;

C’est de porter la hotte humaine

Où j’avais vos ailes, mon Dieu !
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C’est de traîner de la matière ;

C’est d’être plein, moi, fils du jour, 

De la terre du cimetière, 

Même quand je m’écrie : Amour !
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❤️ Victor HUGO ❤️
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A MA FILLE …

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A ma fille
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O mon enfant, tu vois, je me soumets. 

Fais comme moi : vis du monde éloignée ; 

Heureuse ? non ; triomphante ? jamais. 

— Résignée ! — 
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Sois bonne et douce, et lève un front pieux. 

Comme le jour dans les cieux met sa flamme, 

Toi, mon enfant, dans l’azur de tes yeux 

Mets ton âme ! 
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Nul n’est heureux et nul n’est triomphant. 

L’heure est pour tous une chose incomplète ; 

L’heure est une ombre, et notre vie, enfant, 

En est faite. 
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Oui, de leur sort tous les hommes sont las. 

Pour être heureux, à tous, — destin morose ! — 

Tout a manqué. Tout, c’est-à-dire, hélas ! 

Peu de chose. 
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Ce peu de chose est ce que, pour sa part, 

Dans l’univers chacun cherche et désire: 

Un mot, un nom, un peu d’or, un regard, 

Un sourire ! 
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La gaîté manque au grand roi sans amours ; 

La goutte d’eau manque au désert immense. 

L’homme est un puits où le vide toujours 

Recommence. 
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Vois ces penseurs que nous divinisons, 

Vois ces héros dont les fronts nous dominent, 

Noms dont toujours nos sombres horizons 

S’illuminent ! 
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Après avoir, comme fait un flambeau, 

Ébloui tout de leurs rayons sans nombre, 

Ils sont allés chercher dans le tombeau 

Un peu d’ombre. 

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Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs, 

Prend en pitié nos jours vains et sonores. 

Chaque matin, il baigne de ses pleurs 

Nos aurores. 

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Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas, 

Sur ce qu’il est et sur ce que nous sommes ; 

Une loi sort des choses d’ici-bas, 

Et des hommes ! 

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Cette loi sainte, il faut s’y conformer. 

Et la voici, toute âme y peut atteindre : 

Ne rien haïr, mon enfant ; tout aimer, 

Ou tout plaindre !
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❤️ Victor Hugo ❤️