Puis la rue s’en va …

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Puis rue qui s’en va …
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Puis rue qui s’en va

Chercher les bassins,

Bouges, galetas,

Où vont les marins,
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Maisons à rideaux

Baissés mais qui bougent,

Filtrant un jour clos

De lumière rouge,
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C’est filles anglaises

Occupées à boire,

Vêtant pour aimer

Des maillots de moire,
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Dans le jour qui pèse

Dehors et si lourd,

Dans le soir d’été

Qui vendent l’amour.
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Mais liqueurs au choix

Lors comme la chair,

Aquavit danois,

Anis grec amer,
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Whiskey irlandais,

Rhum américain,

Saké japonais,

Opium indien,
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Et glaces mirant

En jaune et en noir

Les cuivres luisants

Au dos du comptoir,
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Femmes et qui causent

Les épaules nues,

Ou bien se reposent

En long étendues,
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Bagues à leurs mains,

Rêvant mal ou pire,

Ou trouvant leur bien

Enfin à dormir.
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Lors temps qui s’espace

Dit en heures lentes,

Et jour qui se passe

Ici dans l’attente,
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Yeux comme une rampe

Les suivant les murs,

Et sur des estampes

Qui s’arrêtent durs :
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On voit le Vésuve

En feu qui se pâme,

Ainsi qu’une cuve

D’enfer et de flammes,
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Et rouge et carmin

Plus loin appendu,

Le pont de Brooklyn

Dans l’air suspendu.
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❤️ Max ELSKAMP (1862-1931) ❤️
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