AUTO-PORT-TRAIT

Niala-Loisobleu

AUTO-PORT-TRAIT

De bien plus loin qu’un simple aller de train, mon cheval a su voir dans quel sens l’eau monte de bas en haut. Sans doute faut-il reconnaître là, l’action d’un vouloir pugnace.
Je te raconterai la pente de mes trottoirs, les plus de sans pas de mes salles-perdues, ce froid qui m’étreignait l’échine d’une peur glaciale, le serment de coeur à soi-même. Je ne pourrai mieux t’apprendre, pourquoi avant que tu ne viennes au monde, tu étais déjà mon Amour. J’ai commencé, il y a peu de temps, à t’expliquer. Je venais de comprendre que les chemins du coeur, comme tous les endroits où des trésors attendent, sont toujours marqués sur des fausses-cartes commercées en boutiques de rencontres.

C’est Marthe qui m’a refilé ce gène. Naïf et lucide. Sa douceur dure, tendresse sans faiblesse, sont les axes qui me déterminent. Alors il fallait bien que je parte devant pour…

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RIEN

RIEN …

Un … Deux … Trois pas …. Quatre … Cinq … Six ….

Je lève les yeux au ciel …. RIEN, RIEN que le soleil à son zénith … RIEN que mes yeux brûlés, incapables de lutter contre cette attraction … Il n’y a plus de bleu dans le ciel … Plus de jaune … Plus de vert au sol … Plus de bleu, verdâtre, dans le lit de la rivière …. RIEN, que deux longues jambes qui, un pas après l’autre, longent cette rivière, aujourd’hui calme, sereine … RIEN que cette rivière, métronome des battements de mon coeur … RIEN …

RIEN que cette robe qui virevolte, sans vent …. Tantôt elle se soulève, si lègere, quand mes pas s’accélèrent …. Tantôt elle se coince entre mes cuisses … Elle s’y colle, s’y frotte … RIEN … RIEN ne l’empêche de s’agripper à mon pubis, qui n’a RIEN d’imberbe, absolument RIEN …

RIEN, pas un souffle d’air ….

Sept … Huit … Neuf pas …

Au diable mes sandales, mes pieds se veulent libres … Libres d’aller, de venir … De caresser le sol de toute leur peau…. D’embrasser cette terre sèche, de flirter avec la surface de l’eau, RIEN de plus, RIEN de moins …

Etouffante … RIEN …. RIEN que des berges désertes, la tendance est à la sieste … Etouffante

De coton ma robe s’est faite plomb, impossible à porter une seconde de plus ! D’un seul mouvement de bassin, apres en avoir fait glisser la fermeture éclair, les bretelles, d’un seul mouvement de bassin, elle tombe à mes pieds ….. RIEN, plus RIEN ….

Eve de la première heure

Mes yeux, focus, se sont adaptés au décor, les couleurs sont moins pâles et je devine le paysage … Trop tôt, c’est bien trop tôt, moi, je ne veux RIEN !! RIEN que l’éblouissement … Le soleil, vite, vite, LE soleil !!

Dix … Onze … Douze pas …

Il brûle …. Oh oui, il me brûle à rougir l’extérieur … A consummer l’intérieur …. RIEN que ses rayons pour regard, curieux comme jamais ! Il glisse le long de mon cou, sur mes épaules … S’attardant sur cette peau mienne, ma peau nue …

Phénix sous ce ciel ! Etourdie, je me laisse tomber. Allongée sur le sol, mes yeux ne cherchent que la lumière, mes mains la vie ! RIEN de plus que la vie, RIEN de moins …

Elle existe indéniablement au coeur de chacunes de mes courbes, rondes de douceurs, pleines de tendresse …

Comme ce sein qui se glisse dans ma paume, se dressant vers ce soleil, petit bouton gorgé de féminité … RIEN qu’une Femme

Mon coeur, mon coeur bat dans mon ventre, tacchicarde …

Le charnu, merveilleusement proéminant, de mon postérieur n’est que l’assise du plus intime… RIEN … Ma main cherche en corps l’étincelle, l’ultime celle de l’origine du monde … Fouillant, avide de savoir, avide de comprendre, eblouie même les yeux fermés.

RIEN … RIEN que le murmure de l’eau ….

Et …. Au bruissement d’ailes, j’ouvre grand les yeux … Devant le soleil elle tourne, encore, et encore … À m’en donner le vertige …. Elle m’appelle, moi, sur mes deux pieds …. Elle s’éloigne, elle revient, repart, Blanche colombe …. Elle m’attend, je le vois, elle m’attend …. « Cours, s’impatiente-t’elle cours …. Ne perds plus de temps !! » …. « Mais je suis là, attends, j’arrive, je cours !!  » Peu m’importe le sol, je vole …

Mais elle s’éloigne , à disparaître ….

Non, non, elle revient !! Elle n’est plus seule, à son côté il vole, je le vois, l’oiseau … Les rayons du soleil sur la Blancheur du plumage m’aveugle … Est-il bien Bleu, l’Oiseau ??

Je cours, je cours …. Mais ils ont disparus, de l’autre côté de la berge !

RIEN, plus RIEN dans le ciel …

RIEN sur la berge …

Oh si ….. Si …. Il court sur sa berge, il court mains tendues, mains tenant ….

Mon A dans …

… Que vienne le Pont …

*** Idéelle ***

Tourves, le 24 novembre 2014

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