Reveil (2)

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Réveil :

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Le Réveil

Le réveil

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Si tu m’appartenais (faisons ce rêve étrange ! ),

Je voudrais avant toi m’éveiller le matin

Pour m’accouder longtemps près de ton sommeil d’ange,

Egal et murmurant comme un ruisseau lointain.

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J’irais à pas discrets cueillir de l’églantine,

Et, patient, rempli d’un silence joyeux,

J’entr’ouvrirais tes mains, qui gardent ta poitrine,

Pour y glisser mes fleurs en te baisant les yeux.

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Et tes yeux étonnés reconnaîtraient la terre

Dans les choses où Dieu mit le plus de douceur,

Puis tourneraient vers moi leur naissante lumière,

Tout pleins de mon offrande et tout pleins de ton coeur.

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Oh ! Comprends ce qu’il souffre et sens bien comme il aime,

Celui qui poserait, au lever du soleil,

Un bouquet, invisible encor, sur ton sein même,

Pour placer ton bonheur plus près de ton réveil !

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❤️ René-François Sully Prudhomme ❤️

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Un samedi soir sur la Terre …

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Il arrive, elle le voit, elle le veut

Et ses yeux font le reste

Elle s’arrange pour mettre du feu

Dans chacun de ses gestes

Après c’est une histoire classique

Quelque soit la fumée

Quelque soit la musique

Elle relève ses cheveux, elle espère qu’il devine

Dans ses yeux de figurine

Il s’installe, il regarde partout

Il prépare ses phrases

Comme elle s’est avancée un peu

D’un coup leurs regards se croisent

Après c’est une histoire normale

Le verre qu’elle accepte, et les sourires qu’il étale

En s’approchant un peu, il voit les ombres fines

Dans ses yeux de figurine

Pas la peine que je précise

D’où ils viennent et ce qu’ils se disent

C’est une histoire d’enfant

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Une histoire ordinaire

On est tout simplement, simplement

Un samedi soir sur la terre

Un samedi soir sur la terre

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Ils se parlent, ils se frôlent, ils savent bien

Qu’il va falloir qu’ils sortent

Ils sont obligés de se toucher

Tellement la musique est forte

Après, c’est juste une aventure

Qui commence sur le siège arrière d’une voiture

Il voit les ombres bleues

Que le désir dessine

À son front de figurine

Pas la peine que je précise

D’où ils viennent et ce qu’ils se disent

C’est une histoire d’enfant

Une histoire ordinaire

On est tout simplement, simplement

Un samedi soir sur la terre

Un samedi soir sur la terre

Pas la peine d’être plus précis

Cette histoire est déjà  finie

On en ferait autant

Si c’était à  refaire

On est tout simplement, simplement

Un samedi soir sur la terre

Un samedi soir sur la terre

Un samedi soir

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De Terre et de Bois

De terre et de bois

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De terre et de bois, algues entortillées, pampres et réséda

Au rire de la lune l’écho de la carapace d’ambre

Ecoutille amarrée à l’aigue-marine

Lamparo flottant sur la mer, écorchure brune.

Quand vient ta présence à l’angle du canevas

Je me tisse comme l’érable noueux

De ce tapis de haute laine dans l’atelier sombre

Tout me lie à toi, la dentelle du jour,

le fil de trame de l’heure

Les pampres aromatiques à la morsure du froid.

Sous la tonnelle de fleurs acides

Ta main me retient, m’immobilise, m’initie à moi-même

Ta main qui me forge, fil de hampe tendu

Dans le soir qui jamais ne se dévêt.

Je m’agrippe à toi comme une haie vive

Je reste accroché comme l’oiseau au fil nu

Dans le canevas de tes jambes qui s’étirent sur le tapis de

haute laine

Velours de ta peau, dentelle de tes caresses à jamais

renouvelées

Le réséda monte de ta gorge, il démâte et se dénoue

Il suit l’axe ascendant pour s’épanouir en couronne

A la lisière de ton regard abandonné.

L’accord de toutes les cordes de la harpe à la fois

De mille gestes ensemble qui effleurent ton corps

J’en écoute les ressacs sur le pas de la porte

Où le réséda s’écoule en grappes lourdes et sensuelles.

Tout de senteur, tout de sève, la maison s’ouvre

Dans ce voyage aux mille irisations

Qui me prolonge en toi, corbeille offerte de senteurs

Dans cet espace de regards enrubannés, gorges embaumées

Où le dahlia et l’ancolie butinent sur tes lèvres.

Tu es de jade transparente, pierre blessée, écorchée

Tu es de sable et d’eau, tu coules dans ma main

Mon corps te capte, torrent de feu, volcan qui tressaille

Et collines ondulantes au fond de la vallée.

J’aime tes soupirs tendus de mains qui tricotent la laine

soyeuse

Traces de baisers sur ma bouche comme des fleurs ennoblies

Visage emmuré d’extase au cadran solaire

De l’abeille qui danse sur la ruche qui déborde de miel.

Tu es le spasme de la vague mourante, étale

Qui irrigue la plage luisante, étendue et lasse

Où le vent n’est pas plus qu’un souffle qui me porte

vers ton être

Mains qui me retiennent et m’attachent au bastingage.

Je suis de toi, je suis de tes mains qui me pétrissent

De tes lèvres qui me disent

De tes seins qui me nourrissent

De tes envies qui nous unissent.

 

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❤️ Jean CAELEN ❤️

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