Autour d’un mot #3

ENFANCE

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Enfant, j’ai quelquefois passé des jours entiers …

(extrait, 4ème époque)

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Enfant, j’ai quelquefois passé des jours entiers

Au jardin, dans les prés, dans quelques verts sentiers

Creusés sur les coteaux par les boeufs du village,

Tout voilés d’aubépine et de mûre sauvage,

Mon chien auprès de moi, mon livre dans la main,

M’arrêtant sans fatigue et marchant sans chemin,

TantÔt lisant, tantôt écorçant quelque tige,

Suivant d’un oeil distrait l’insecte qui voltige,

L’eau qui coule au soleil en petits diamants,

Ou l’oreille clouée à des bourdonnements;

Puis, choisissant un gîte à l’abri d’une haie,

Comme un lièvre tapi qu’un aboiement effraie,

Ou couché dans le pré, dont les gramens en fleurs

Me noyaient dans un lit de mystère et d’odeurs,

Et recourbaient sur moi des rideaux d’ombre obscure,

Je reprenais de l’oeil et du coeur ma lecture.

C’était quelque poète au sympathique accent,

Qui révèle à l’esprit ce que le coeur pressent;

Hommes prédestinés, mystérieuses vies,

Dont tous les sentiments coulent en mélodies,

Que l’on aime à porter avec soi dans les bois,

Comme on aime un écho qui répond à nos voix!

Ou bien c’était encor quelque touchante histoire

D’amour et de malheur, triste et bien dure à croire :

Virginie arrachée à son frère, et partant,

Et la mer la jetant morte au coeur qui l’attend!

Je la mouillais de pleurs et je marquais le livre,

Et je fermais les yeux et je m’écoutais vivre;

Je sentais dans mon sein monter comme une mer

De sentiment doux, fort, triste, amoureux, amer,

D’images de la vie et de vagues pensées

Sur les flots de mon âme indolemment bercées,

Doux fantômes d’amour dont j’étais créateur,

Drames mystérieux et dont j’étais l’acteur!

Puis, comme des brouillards après une tempête,

Tous ces drames conçus et joués dans ma tête

Se brouillaient, se croisaient, l’un l’autre s’effaçaient;

Mes pensers soulevés comme un flot s’affaissaient;

Les gouttes se séchaient au bord de ma paupière,

Mon âme transparente absorbait la lumière,

Et, sereine et brillante avec l’heure et le lieu,

D’un élan naturel se soulevait à Dieu,

Tout finissait en lui comme tout y commence,

Et mon coeur apaisé s’y perdait en silence;

Et je passais ainsi, sans m’en apercevoir,

Tout un long jour d’été, de l’aube jusqu’au soir,

Sans que la moindre chose intime, extérieure,

M’en indiquât la fuite, et sans connaître l’heure

Qu’au soleil qui changeait de pente dans les cieux,

Au jour plus pâlissant sur mon livre ou mes yeux,

Au serein qui des fleurs humectait les calices :

Car un long jour n’était qu’une heure de délices !

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❤️ Alphonse de LAMARTINE ❤️

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ENFANCE :

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Période de la vie humaine allant de la naissance à la puberté.

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De mon enfance ….

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De mon Enfance,

J’ai conservé toutes mes Errances,

Ainsi que le spectre de mon Innocence

Tes nombreux silences, ton absence ….

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*** Idéelle, 19 août 2019 ***

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MON ENFANCE

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J’ai eu tort, je suis revenue
dans cette ville au loin perdue 
où j’avais passé mon enfance. 
J’ai eu tort, j’ai voulu revoir 
le coteau où glissaient le soir 
bleu et gris ombres de silence. 
Et j’ai retrouvé comme avant, 
longtemps après, 
le coteau, l’arbre se dressant, 
comme au passé. 

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J’ai marché les tempes brûlantes, 
croyant étouffer sous mes pas, 
les voies du passé qui nous hantent 
et reviennent sonner le glas. 
Et je me suis couchée sous l’arbre 

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et c’était les mêmes odeurs 
et j’ai laissé couler mes pleurs, 
mes pleurs. 

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J’ai mis mon dos nu à l’écorce, 
l’arbre m’a redonné des forces, 
tout comme au temps de mon enfance. 
Et longtemps j’ai fermé les yeux, 
je crois que j’ai prié un peu, 
je retrouvais mon innocence. 
Avant que le soir ne se pose, 
j’ai voulu voir 
la maison fleurie sous les roses, 
J’ai voulu voir, 

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Le jardin où nos cris d’enfants 
jaillissaient comme source claire. 
Jean-Claude et Régine et puis Jean, 

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tout redevenait comme hier. 
Le parfum lourd des sauges rouges, 
les dahlias fauves dans l’allée, 
le puits, tout, j’ai tout retrouvé, 
hélas. 

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La guerre nous avait jeté là, 
d’autres furent moins heureux je crois, 
au temps joli de leur enfance. 
La guerre nous avait jeté là, 
nous vivions comme hors la loi, 
et j’aimais cela quand j’y pense. 

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Oh mes printemps, oh mes soleils, 
oh mes folles années perdues, 
oh mes quinze ans, oh mes merveilles, 
que j’ai mal d’être revenue. 
Oh les noix fraîches de septembre 

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et l’odeur des mûres écrasées, 
c’est fou, tout, j’ai tout retrouvé, 
hélas. 

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Il ne faut jamais revenir 
aux temps cachés des souvenirs 
du temps béni de son enfance. 
Car parmi tous les souvenirs 
ceux de l’enfance sont les pires, 
ceux de l’enfance nous déchirent. 

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Oh ma très chérie, oh ma mère, 
ou êtes-vous donc aujourd’hui ? 
Vous dormez au chaud de la terre 
et moi je suis venue ici 
pour y retrouver votre rire, 
vos colères et votre jeunesse, 
et je reste seule avec ma détresse, 
hélas. 

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Pourquoi suis-je donc revenue 
et seule au détour de ces rues 
j’ai froid, j’ai peur, le soir se penche. 
Pourquoi suis-je venue ici, 
où mon passé me crucifie, 
où dort à jamais mon enfance ? 

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