Le regard 

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Le Regard – Benabar

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Mais lorsqu’elles nous adressent 

Sans le vouloir d’ailleurs 

Ce regard qui transperce 

On en sait la valeur 
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Parce qu’il leur échappe 

Parle de lui-même 

Et parce qu’il ne frappe 

Que celui qu’elles aiment 
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On l’avait déjà vu, 

Ce regard qu’on convoite 

Souvent au début 

Nettement moins par la suite 
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Il s’était fait rare, 

C’est sûrement de notre faute 

Et on ne veut pas le savoir 

S’il fut donné à un autre 
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Célébrons son retour 

Il ne fait que passer 

Raison de plus alors 

Pour en profiter 
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L’œil est un dépotoir, 

On voit tellement d’saleté 

Quand on reçoit ce regard 

Que les yeux soient loués 
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Parce qu’on le voit moins 

Parce que les couples s’installent 

Faut dire qu’on est loin 

D’être l’homme idéal 
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L’espace d’un instant, 

C’est ainsi qu’elles nous font 

Dans l’espace en suspens 

Leur déclaration 
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Et du bout des yeux 
Elles murmurent que même si 

Elles méritaient mieux 

C’est nous qu’elles ont choisis 
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Malgré c’qu’on est devenus 

L’usure et tout ça 

Et les malentendus 

Elles ne regrettent pas leur choix 
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C’est même le contraire 

Elles t’aiment, c’est comme ça 

D’un battement de paupière 

Pour une fois, tu la crois 
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C’est la pure vérité 

Comme deux et deux font quatre 

Nature et spontanée 

Comme on bâille au théâtre 
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Mais lorsqu’elles nous adressent 

Sans le vouloir d’ailleurs 

Ce regard qui transperce 

On en sait la valeur 
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Parce qu’il leur échappe 

Parle de lui-même 

Et parce qu’il ne frappe 

Que celui qu’elles aiment
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7 réflexions sur “Le regard 

  1. Tu m’as trouvé comme un caillou

    Tu m’as trouvé comme un caillou que l’on ramasse sur la place
    Comme un bizarre objet perdu dont nul ne peut dire l’usage
    Comme l’algue sur un sextant qu’échoue à terre la marée
    Comme à la fenêtre un brouillard qui ne demande qu’à entrer
    Comme le désordre d’une chambre d’hôtel qu’on n’a pas faite
    Un lendemain de carrefour dans les papiers gras de la fête
    Un voyageur sans billet assis sur le marchepied du train
    Un ruisseau dans leur champ détourné par les mauvais riverains
    Une bête des bois que les autos ont prise dans leurs phares
    Comme un veilleur de nuit qui s’en revient dans le matin blafard
    Comme un rêve mal dissipé dans l’ombre noire des prisons
    Comme l’affolement d’un oiseau fourvoyé dans la maison
    Comme au doigt de l’amant trahi la marque rouge d’une bague
    Une voiture abandonnée au milieu d’un terrain vague
    Comme une lettre déchirée éparpillée au vent des rues
    Comme le hâle sur les mains qu’a laissé l’été disparu
    Comme le regard blessé de l’être qui voit qu’il s’égare
    Comme les bagages laissés en souffrance dans une gare
    Comme une porte quelque part ou peut-être un volet qui bat
    Le sillon pareil du cœur et de l’arbre où la foudre tomba
    Une pierre au bord de la route en souvenir de quelque chose
    Un mal qui n’en finit pas plus que la couleur des ecchymoses
    Comme au loin sur la mer la sirène inutile d’un bateau
    Comme longtemps après dans la chair la mémoire du couteau
    Comme le cheval échappé qui boit l’eau sale d’une mare
    Comme un oreiller dévasté par une nuit de cauchemars
    Comme une injure au soleil avec de la paille dans les yeux
    Comme la colère à revoir que rein n’a changé sous les cieux
    Tu m’as trouvé dans la nuit comme une parole irréparable
    Comme un vagabond pour dormir qui s’était couché dans l’étable
    Comme un chien qui porte un collier aux initiales d’autrui
    Un homme des jours d’autrefois empli de fureur et de bruit.

    Louis Aragon, le roman inachevé, 1956

    C’était avant que l’apporte claque. Voilà trente-six mois et + , que j’arrose l’arbre de vie d’air de sel qui ne peut faire semblant. Toujours naturel comme le cycle des saisons sur lequel mon vélo tisse la toile. La chaleur est trop lourde , il faut que j’aille au creux, à l’endroit où les fougères écartent leurs palmes. Lit d’aiguilles dans la pinède, trouée par où passent les vieilles pierres de l’abbaye. Près des plantes médicinales du jardin de curé. La grande arche fend le ciel. Un saut de vague écume la plage d’un sourire chantilly. J’ai écouté l’oiseau revenu de sa traversée océanique, me dire que les lointains sont bien plus près que des voisins de palier qu’on ne rencontre jamais. Il n’y a pas d’oubli du silence. Seul le bruit ne peut garder de mémoire. On a toujours fait la voile en fonction du vent. Les matériaux changent pas le souffle des poitrines. As-tu vidé le sas de plongée ? L’arbre est en première page à la hune. La mer garde cette odeur de cabane en couleur vive. L’écaille y mouille son fruit. Algue marine couvrant ton front pour ne rien perdre du vert de tes yeux où je vis à te voir. La chanson de ton clapot me roule bord à bord, posée sur mes lèvres comme le caillou pour ne jamais te perdre.

    Niala-Loisobleu – 6 Juillet 2017

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