Pourquoi ? 

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Pourquoi ?
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Quand vous suiviez ma trace,

J’allais avoir quinze ans,

Puis la fleur, puis la grâce,

Puis le feu du printemps.
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J’étais blonde et pliante

Comme l’épi mouvant,

Et surtout moins savante

Que le plus jeune enfant.
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J’avais ma douce mère,

Me guidant au chemin,

Attentive et sévère

Quand vous cherchiez ma main.
.

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C’est beau la jeune fille

Qui laisse aller son coeur

Dans son regard qui brille

Et se lève au bonheur !
.

.
Vous me vouliez pour femme,

Je le jurais tout bas.

Vous mentiez à votre âme,

Moi, je ne mentais pas.
.

.

 

Si la fleur virginale

D’un brûlant avenir,

Si sa plus fraîche annale

N’ont pu vous retenir,
.

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Pourquoi chercher ma trace

Quand je n’ai plus quinze ans,

Ni la fleur, ni la grâce,

Ni le feu du printemps ?
.

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❤ Marceline DESBORDES-VALMORE ❤
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18 commentaires sur “Pourquoi ? 

  1. marieliane dit :

    Marceline DESBORDES-VALMORE quelle poétesse au grand talent !
    Encore une jolie poésie que je découvre ici.
    Merci ideelle

    Aimé par 2 people

  2. loisobleu dit :

    Pourquoi mon âme est-elle triste ?

    Pourquoi gémis-tu sans cesse,
    O mon âme ? réponds-moi !
    D’où vient ce poids de tristesse
    Qui pèse aujourd’hui sur toi ?
    Au tombeau qui nous dévore,
    Pleurant, tu n’as pas encore
    Conduit tes derniers amis !
    L’astre serein de ta vie
    S’élève encore; et l’envie
    Cherche pourquoi tu gémis !

    La terre encore a des plages,
    Le ciel encore a des jours,
    La gloire encor des orages,
    Le coeur encor des amours ;
    La nature offre à tes veilles
    Des mystères, des merveilles,
    Qu’aucun oeil n’a profané,
    Et flétrissant tout d’avance
    Dans les champs de l’espérance
    Ta main n’a pas tout glané !

    Et qu’est-ce que la terre? Une prison flottante,
    Une demeure étroite, un navire, une tente
    Que son Dieu dans l’espace a dressé pour un jour,
    Et dont le vent du ciel en trois pas fait le tour !
    Des plaines, des vallons, des mers et des collines
    Où tout sort de la poudre et retourne en ruines,
    Et dont la masse à peine est à l’immensité
    Ce que l’heure qui sonne est à l’éternité!
    Fange en palais pétrie, hélas ! mais toujours fange,
    Où tout est monotone et cependant tout change !

    Et qu’est-ce que la vie ? Un réveil d’un moment !
    De naître et de mourir un court étonnement !
    Un mot qu’avec mépris l’Etre éternel prononce !
    Labyrinthe sans clef ! question sans réponse,
    Songe qui s’évapore, étincelle qui fuit !
    Eclair qui sort de l’ombre et rentre dans la nuit,
    Minute que le temps prête et retire à l’homme,
    Chose qui ne vaut pas le mot dont on la nomme !

    Et qu’est-ce que la gloire ? Un vain son répété,
    Une dérision de notre vanité !
    Un nom qui retentit sur des lèvres mortelles,
    Vain, trompeur, inconstant, périssable comme elles,
    Et qui, tantôt croissant et tantôt affaibli,
    Passe de bouche en bouche à l’éternel oubli !
    Nectar empoisonné dont notre orgueil s’enivre,
    Qui fait mourir deux fois ce qui veut toujours vivre !

    Et qu’est-ce que l’amour ? Ah ! prêt à le nommer
    Ma bouche en le niant craindrait de blasphémer !
    Lui seul est au-dessus de tout mot qui l’exprime !
    Eclair brillant et pur du feu qui nous anime,
    Etincelle ravie au grand foyer des cieux !
    Char de feu qui, vivants, nous porte au rang des dieux !
    Rayon! foudre des sens ! inextinguible flamme
    Qui fond deux coeurs mortels et n’en fait plus qu’une âme !
    Il est !… il serait tout, s’il ne devait finir !
    Si le coeur d’un mortel le pouvait contenir,
    Ou si, semblable au feu dont Dieu fit son emblème,
    Sa flamme en s’exhalant ne l’étouffait lui-même !

    Mais, quand ces biens que l’homme envie
    Déborderaient dans un seul coeur,
    La mort seule au bout de la vie
    Fait un supplice du bonheur !
    Le flot du temps qui nous entraîne
    N’attend pas que la joie humaine
    Fleurisse longtemps sur son cours !
    Race éphémère et fugitive,
    Que peux-tu semer sur la rive
    De ce torrent qui fuit toujours ?

    Il fuit et ses rives fanées
    M’annoncent déjà qu’il est tard !
    Il fuit, et mes vertes années
    Disparaissent de mon regard ;
    Chaque projet, chaque espérance
    Ressemble à ce liège qu’on lance
    Sur la trace des matelots,
    Qui ne s’éloigne et ne surnage
    Que pour mesurer le sillage
    Du navire qui fend les flots !

    Où suis-je? Est-ce moi ? Je m’éveille
    D’un songe qui n’est pas fini !
    Tout était promesse et merveille
    Dans un avenir infini !
    J’étais jeune !… Hélas ! mes années
    Sur ma tête tombent fanées
    Et ne refleuriront jamais !
    Mon coeur était plein !… il est vide !
    Mon sein fécond … il est aride !
    J’aimais !.., où sont ceux que j’aimais ?

    Mes jours, que le deuil décolore,
    Glissent avant d’être comptés;
    Mon coeur, hélas ! palpite encore
    De ses dernières voluptés !
    Sous mes pas la terre est couverte
    De plus d’une palme encor verte,
    Mais qui survit à mes désirs ;
    Tant d’objets chers à ma paupière
    Sont encor là, sur la poussière
    Tièdes de mes brûlants soupirs !

    Je vois passer, je vois sourire
    La femme aux perfides appas
    Qui m’enivra d’un long délire,
    Dont mes lèvres baisaient les pas !
    Ses blonds cheveux flottent encore,
    Les fraîches couleurs de l’aurore
    Teignent toujours son front charmant,
    Et dans l’azur de sa paupière
    Brille encore assez de lumière
    Pour fasciner l’oeil d’un amant.

    La foule qui s’ouvre à mesure
    La flatte encor d’un long coup d’oeil
    Et la poursuit d’un doux murmure
    Dont s’enivre son jeune orgueil;
    Et moi! je souris et je passe,
    Sans effort de mon coeur j’efface
    Ce songe de félicité,
    Et je dis, la pitié dans l’âme :
    Amour ! se peut-il que ta flamme
    Meure encore avant la beauté ?

    Hélas ! dans une longue vie
    Que reste-t-il après l’amour ?
    Dans notre paupière éblouie
    Ce qu’il reste après un beau jour !
    Ce qu’il reste à la voile vide
    Quand le dernier vent qui la ride
    S’abat sur le flot assoupi,
    Ce qu’il reste au chaume sauvage,
    Lorsque les ailes de l’orage
    Sur la terre ont vidé l’épi !

    Et pourtant il faut vivre encore,
    Dormir, s’éveiller tour à tour,
    Et traîner d’aurore en aurore
    Ce fardeau renaissant des jours?
    Quand on a bu jusqu’à la lie
    La coupe écumante de vie,
    Ah ! la briser serait un bien !
    Espérer, attendre, c’est vivre !
    Que sert de compter et de suivre
    Des jours qui n’apportent plus rien ?

    Voilà pourquoi mon âme est lasse
    Du vide affreux qui la remplit,
    Pourquoi mon coeur change de place
    Comme un malade dans son lit !
    Pourquoi mon errante pensée,
    Comme une colombe blessée,
    Ne se repose en aucun lieu,
    Pourquoi j’ai détourné la vue
    De cette terre ingrate et nue,
    Et j’ai dit à la fin : Mon Dieu !

    Comme un souffle d’un vent d’orage
    Soulevant l’humble passereau
    L’emporte au-dessus du nuage,
    Loin du toit qui fut son berceau,
    Sans même que son aile tremble,
    L’aquilon le soutient ; il semble
    Bercé sur les vagues des airs ;
    Ainsi cette seule pensée
    Emporta mon âme oppressée
    Jusqu’à la source des éclairs !

    C’est Dieu, pensais-je, qui m’emporte,
    L’infini s’ouvre sous mes pas !
    Que mon aile naissante est forte !
    Quels cieux ne tenterons-nous pas ?
    La foi même, un pied sur la terre,
    Monte de mystère en mystère
    Jusqu’où l’on monte sans mourir !
    J’irai, plein de sa soif sublime,
    Me désaltérer dans l’abîme
    Que je ne verrai plus tarir !

    J’ai cherché le Dieu que j’adore
    Partout où l’instinct m’a conduit,
    Sous les voiles d’or de l’aurore,
    Chez les étoiles de la nuit ;
    Le firmament n’a point de voûtes,
    Les feux, les vents n’ont point de routes
    Où mon oeil n’ait plongé cent fois ;
    Toujours présent à ma mémoire,
    Partout où se montrait sa gloire,
    Il entendait monter ma voix !

    Je l’ai cherché dans les merveilles,
    Oeuvre parlante de ses mains,
    Dans la solitude et les veilles,
    Et dans les songes des humains !
    L’épi, le brin d’herbe, l’insecte,
    Me disaient : Adore et respecte !
    Sa sagesse a passé par là !
    Et ces catastrophes fatales,
    Dont l’histoire enfle ses annales
    Me criaient plus haut : Le voilà !

    A chaque éclair, à chaque étoile
    Que je découvrais dans les cieux,
    Je croyais voir tomber le voile
    Qui le dérobait à mes yeux ;
    Je disais : Un mystère encore !
    Voici son ombre, son aurore,
    Mon âme ! il va paraître enfin !
    Et toujours, à triste pensée !
    Toujours quelque lettre effacée
    Manquait, hélas ! au nom divin.

    Et maintenant, dans ma misère,
    Je n’en sais pas plus que l’enfant
    Qui balbutie après sa mère
    Ce nom sublime et triomphant ;
    Je n’en sais pas plus que l’aurore,
    Qui de son regard vient d’éclore,
    Et le cherche en vain en tout lieu,
    Pas plus que toute la nature
    Qui le raconte et le murmure,
    Et demande : Où donc est mon Dieu ?

    Voilà pourquoi mon âme est triste,
    Comme une mer brisant la nuit sur un écueil,
    Comme la harpe du Psalmiste,
    Quand il pleure au bord d’un cercueil !
    Comme l’Horeb voilé sous un nuage sombre,
    Comme un ciel sans étoile, ou comme un jour sans ombre,
    Ou comme ce vieillard qu’on ne put consoler,
    Qui, le coeur débordant d’une douleur farouche,
    Ne pouvait plus tarir la plainte sur sa bouche,
    Et disait : Laissez-moi parler !

    Mais que dis-je ? Est-ce toi, vérité, jour suprême !
    Qui te caches sous ta splendeur ?
    Ou n’est-ce pas mon oeil qui s’est voilé lui-même
    Sous les nuages de mon coeur
    Ces enfants prosternés aux marches de ton temple,
    Ces humbles femmes, ces vieillards,
    Leur âme te possède et leur oeil te contemple,
    Ta gloire éclate à leurs regards !

    Et moi, je plonge en vain sous tant d’ombres funèbres,
    Ta splendeur te dérobe à moi !
    Ah ! le regard qui cherche a donc plus de ténèbres
    Que l’oeil abaissé devant toi ?

    Dieu de la lumière,
    Entends ma prière,
    Frappe ma paupière
    Comme le rocher !
    Que le jour se fasse,
    Car mon âme est lasse,
    Seigneur, de chercher !
    Astre que j’adore,
    Ce jour que j’implore
    N’est point dans l’aurore,
    N’est pas dans les cieux !
    Vérité suprême !
    Jour mystérieux !
    De l’heure où l’on t’aime,
    Il est en nous-même,
    Il est dans nos yeux !

    A. de Lamartine

    Et ouais
    qu’à ne désespérer de rien
    on peut aussi se demander mais pour quoi crois-je ?
    N-L

    Aimé par 1 personne

  3. loisobleu dit :

    Et dans la clairière
    l’oiseau me répondit:
    – Mais parce que t’as ton vélo, pardi !!!!!!!!!!!!!
    N-L

    Aimé par 1 personne

  4. Alain DELIBIE dit :

    Et si cela s’appelait le « goût du reviens y » ? Même plus tard, même très tard, avant qu’il ne soit trop tard ?………

    Aimé par 1 personne

  5. Sublime tout simplement!

    Aimé par 1 personne

  6. Georges 2679 dit :

    Beau poème et superbe image…bonne soirée

    Aimé par 1 personne

  7. charef dit :

    Il faut savoir assumer son age sans trop se lamenter.
    Je découvre cette poétesse à la plume prolifique.
    Excellente fin de semaine.

    Aimé par 1 personne

    • ideelle dit :

      Tout à fait, il faut savoir vivre pleinement chaque étape de la Vie 😊
      Je suis sincerement heureuse de vous avoir permis de découvrir Marceline, c’est réellement une très grande poétesse à mes yeux ! Merci beaucoup Charef ! Et que cette fin de semaine vous soit douce 😊

      Aimé par 1 personne

  8. Pat dit :

    M’suis pris les pieds dans les racines…et tombé l’nez sur la génuine…

    Aimé par 1 personne

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