Fut-il en nous une seule tendresse …

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Fut-il en nous une seule tendresse
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Fut-il en nous une seule tendresse,

Une pensée, une joie, une promesse,

Que nous n’ayons semée au-devant de nos pas ?
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Fut-il une prière en secret entendue,

Dont nous n’ayons serré les mains tendues 

Avec douceur sur notre sein ?
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Fut-il un seul appel, un seul dessein,

Un voeu tranquille ou violent

Dont nous n’ayons accéléré l’élan ?
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Et, nous aimant ainsi,

Nos coeurs s’en sont allés, tels des apôtres,

Vers les doux coeurs timides et transis

Des autres,

Ils les ont conviés, par la pensée,

A se sentir aux nôtres fiancés,

A proclamer l’amour avec des ardeurs franches,

Comme un peuple de fleurs aime la même branche,

Qui le suspend et le baigne dans le soleil ;

Et notre âme, comme agrandie, en cet éveil, 

S’est mise à célébrer tout ce qui aime, 

Magnifiant l’amour pour l’amour même, 

Et à chérir, divinement, d’un désir fou, 

Le monde entier qui se résume en nous.
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❤️ Emile Verhaeren ❤️
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13 commentaires sur “Fut-il en nous une seule tendresse …

  1. loisobleu dit :

    …Magnifiant l’amour pour l’amour même,

    Et à chérir, divinement, d’un désir fou,

    Le monde entier qui se résume en nous. »

    Alors que billevesées, bras levés à la médiocrité, délires et quels sens se manifestent au coeur d’un monde martyrisé, affamé, exilé, cette Tendresse enfant d’Amour nous garde tête haute..
    Qui me dirait l’Amour c’est pas Tout, je le regarderai, triste pour lui, en haussant les épaules…
    N-L 6 18/11/16

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  2. loisobleu dit :

    La peur est répandue par une poignée d’hommes sur une masse renversante. Déséquilibre humain qui ne peut être cependant condamné au premier degré. Nitchéen dans l’esprit, il peut démontrer aussi que l’homme se fuit en espérant s’atteindre en même tant. Trop vaste sujet de réflexion pour ici. Mais qui fait ressortir qu’il est possible de croire que les « lâches » représentent la partie d’amour pacifique nécessaire au contre balancement. Ce que l’on fuit nous ramène aussi au Centre. Aussi ai-je pensé nécessaire de mettre les guillemets au mot lâche.
    ❤️😍❤️

    Aimé par 1 personne

  3. loisobleu dit :

    Je ne résiste pas à te joindre ce haut poème d’amour, son invite à être pour aimer être me semble la continuité de mon dernier commentaire…et surtout de nôtre magnifique temps tant d’échange.

    MONOLOGUE DE LA STATUE

    Agis, visiteur

    Agis sur le monde et sur les vivants.
    Pense.
    Pense qu’il te faut vivre avec un bandeau sur l’œil de ta nuit.
    L’univers n’est rien de plus qu’un désastre de l’ombre, un escalier d’étoiles, et tes métaphores seront toujours faibles dans la poussière.
    Le temps te lie à ta peine, sans clarté.
    Il neige sur ton revolver.
    Sous la géométrie de l’infini, il y a la rigueur de tes filtres et ta rumeur peut bâtir des oasis inconnues.
    Reste, visiteur.
    Reste au chevet de ce monde, le tien, lent comme le rescapé aux portes de l’épouvante.
    Entend, visiteur.
    Entend jusqu’au bout le ressac des plaintes profondes de l’arbre, l’aboiement du mystère, la source sous la pierre.
    Ecris, visiteur.
    Ecris en attendant, pour celui qui te lira.
    Même tes vieilles injures à la dérobée, si ta plume s’use trop.
    Fonde ton théâtre d’ombres, donne des preuves de l’indicible.
    Il n’y a pas de lieu pour mourir.
    Dis-le, visiteur.
    Dis le parfum de ce qui va renaître.
    Insensible insensé, lis l’envers des livres.
    Chante le fruit qui tombe sur les suaires, le bonheur sans masque, chante, sauvage ruisseau de clarté si souvent gémissant de l’étreinte première, la beauté du vent, aime l’adulte douleur.
    Sur les plages, il y a le son des femmes, voix de gorge où les gardiennes, assises, égratignent les morts et les vivants.
    Le sang aussi.
    Les voix d’enfants.
    Ecoute la plainte de ces anges enflés par le courroux des lionnes, brûle tes étendards, accepte le tournoiement de tes ailes.
    Oh ! Langues de vie, qui donc s’écroule et sépare le chant dans la veine qui bat ?
    Chevelure du cœur au front de la terre, couleur de toutes les consciences, cri de la brûlante nourriture, plonge dans l’abîme de miel de ta nuit mortelle.
    Sonne l’heure pour l’étoile abandonnée, sans gouvernail, pour ta reine qui dort.
    Dans les sèves rangées, dans les chairs bouleversantes, dans tes zéniths de bleuissure.
    Vois, visiteur, les secrets du frisson de la pluie sur les joues qui dansent en ce monde, pour la folie des iris dans les fuites d’acanthes et le parfum des mousses, sur les pierres tombales où glissent, vers la rivière, tes racines.
    Sous les toits, j’entends les loups.
    Je n’ai aucune peur, aucune douleur.
    Au loin l’irréversible bateau des heures me déserte.
    Verdure de tes arbres, le voyage de tes lunes et du vent m’ignore dans les foudres.
    Savon des mots, va-et-vient des mâchoires, douleur du temps, le désarroi de l’été ne trouble jamais mon allure.
    Et ta ville, l’entends-tu ?
    C’est une cargaison de rythmes où la magie du hasard se boucle à ton cheminement, dénouant les cordes du chaos, la migration joyeuse des rêves vers la maison familiale où s’ouvre ton jardin.
    La danse des tumulus, pâtures de liesse et de musiques, abysses rayonnantes où rien de l’âme ni du cœur ne se résigne, un empire qui pleure sans yeux, des ventres baignés de vérité dans le souffle sans haine des orchestres, des cirques de guirlandes qui s’en vont plus loin, portés par l’énigme de la nuit suivante.
    Ici est ta terre.
    Un coin de ciel dans chaque marche qu’il te faudra poursuivre, vaille que vaille, dans les ferveurs du petit jour, malgré les cris et les peines de ceux qui restent, de ceux qui ne peuvent plus aller plus loin.
    Oui.
    Oui, comme un espoir incroyable, inespéré.
    Oui pour que les hommes cessent de s’entre-tuer, simplement, pour que les hommes cessent de se battre.
    Et là, au regard de ces images qui te touchent, dans la force de tes actes, lappant la vie jusqu’à l’ultime goutte de sang, comme une plaie à jamais refermée sur la tenace barbarie, sois la preuve animale.
    Sois jamais, plus que demain, ce jour de terre et de pluie, parfum jeté sur la jeunesse, sois le mouvement de l’amour.
    Que la lumière éclaire l’or de tes méthodes.
    Que ton corps se réaccorde, dans la symphonie d’un nouveau monde qui t’arrime.
    Spasme sans écho, absurde mesure de l’ombre, noie tes paroles vautrées, avec tes regrets de miroir, cette mort lancinante.
    Etre, voilà ton aventure.
    Comme un regard sur les vieux sourires, le souffle singulier de l’existence, l’illusion précieuse des bouées.
    Vole aujourd’hui, visiteur.
    Avec de grands gestes.
    La première fois que je suis née, c’était la dernière.
    Le sculpteur cherchait un corps, comme l’eau cherche le puits.
    Il était alors si hésitant, si fragile.
    Il est mort le jour de ma naissance, seul, un soir, avec ses mains.
    Oiseau du silence, il a ouvert le ciel avec sa terre.
    Il est fort désormais.
    Reconnu.
    Il t’aide si tu le veux.
    Il est utile.
    Il nous ressemble.
    Il nous ressemble, visiteur.
    Vole , à présent.
    L’art est une réponse.
    Relis-moi, aussi, sans cesse.
    L’oiseau mort n’écoute pas les murs : il est lui même l’horizon.
    Vole de ma provisoire immortalité, à hauteur de tes yeux, avec ta fatigue, tes muscles dans le cresson des ténèbres.
    Déparalyse.
    Aime cette eau fraîche, illusion d’étoiles.
    Ne tue pas ton ennemi : la vie le fait pour toi.
    Elle est ta naissance.
    Tu n’as ici-bas qu’un rôle d’oubli et de mémoire.
    Ne te prend plus au jeu des équivalences.
    Pense demain, cet indiscret.
    Souffre de ta vitrine, de l’horreur du mensonge.
    Les héros sont sans valeur.
    Le pouvoir est inutile.
    Abolis tes boucheries de paroles.
    Le devoir des hommes de marbre n’éclaire pas les départs.
    La langue appartient à celui qui ose entrer dans l’œil de l’autre.
    Edifie des lumières.
    Met l’idée en danger.
    Glisse sans bruit, captif de l’humanité.
    Car tu seras toujours seul, visiteur.
    Entre l’éther et la substance.
    Et moi j’ai si froid d’être nue sur mon socle.
    Aveugle.
    Absente du sens.
    Les temps nouveaux vont te mettrent à l’épreuve.
    Aujourd’hui tu cherches le soleil.
    Sois demain sa lumière.
    Tu étais né pour être quitté.
    Puisque tu le sais, désormais, sois plus fort que la séparation.
    Car il existe en toi d’autres masses, la matière d’un autre univers.
    Apprivoise l’ivresse, rassemble-toi hors de l’hystérie.
    Dans la substance de tes vaisseaux, traverse les nouvelles logiques du néant, trouve d’autres mots pour les nommer, revendique le droit au doute.
    Demain peut-être sera ta nouvelle existence, tes pensées sauterelles, tes pensées cahotantes, tes fictions déchaînées.
    Regarde autour de toi comme déjà les destinées se rassemblent, dispersant leurs résidus d’ignorances.
    Tu vas courir maintenant.
    Dans les senteurs d’une nature nouvelle, le long des eaux caressantes.
    Tu vas plonger dans l’or des aériens muséums, regarder tomber des tours les stèles agonisantes.
    Tu vas blanchir tes pensées, tes rides, tes rébellions.
    Etreindre l’avenir de leurs forces primitives.
    Tu vas délasser les chalands des ondes trop collantes, saigner Sisyphe pour abreuver tes nouveaux enfants.
    Toutes tes alarmes seront enfouies dans l’océan, avec les vieilles idées nouées aux corps des tyrans désormais ridicules.
    Tu vas tracer des routes verticales au-dessus de ces plâtres immobiles, construire des ponts au-dessus des encriers enfin vides, parce que tout est ici-même, dans le goutte à goutte des flots bleus, les discontinuités enfin dissoutes, l’oubli dans la haine dépassée par la souveraine mémoire.
    La souveraine mémoire.
    Ecoute.
    J’entends l’hymne d’une fraternité animale.
    J’entends un nouveau verbe.
    Regarde.
    Je vois de nouveaux actes.
    L’éblouissant exercice d’une autre vie.
    C’est parce que tu es né, visiteur, que je suis vivante.

    BRUNO RUIZ

    Extrait de Muséum (1998)

    https://brunoruiz.wordpress.com/

    Source EMILIA GITANA

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  4. Une seule marque de tendresse peut effacer bien des larmes de nos vies.

    Aimé par 1 personne

  5. Louis dit :

    Bonjour tendresse !

    Aimé par 1 personne

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