Nous étions résignés … 

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NOTRE AMOUR EST FONCTION DE NOTRE TRISTESSE
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Nous étions résignés à la souffrance, croyant aimer en dehors de nous et nous nous apercevons que notre amour est fonction de notre tristesse, que notre amour c’est peut-être notre tristesse et que l’objet n’en est que pour une faible part la jeune fille à la noire chevelure. Mais enfin ce sont surtout de tels êtres qui inspirent l’amour. Le plus souvent l’amour n’a pas pour un objet un corps, que si une émotion, la peur de le perdre, l’incertitude de le retrouver, se fondent en lui. Or ce genre d’anxiété a une grande affinité pour les corps. Il leur ajoute une qualité qui passe la beauté même. A ces êtres-là, ces êtres de fuite, leur nature, notre inquiétude attachent des ailes. Et même auprès de nous leur regard semble nous dire qu’ils vont s’envoler. » 
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MARCEL PROUST

La prisonnière
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19 commentaires sur “Nous étions résignés … 

  1. Pat dit :

    Une belle définition de l’amour qui pourrait expliquer pourquoi sa forme passionnée est éphémère.

    Aimé par 1 personne

  2. loisobleu dit :

    N’était ¨l’écrivain¨, le climat d’une société mondaine qu’il dépeint, me laisserait tout naturellement étranger à son propos..j’en oublie donc son lustre pour essayer de le regarder dans sa simple expression du sentiment d’amour. Et,sans me sentir proustien trouve des points d’accord. Je ne m’associe pas au fait que l’amour serait lié à notre sentiment de tristesse, estimant que l’amour ne part pas d’elle…mais qu’il peut y arriver. Ce qui est fondamentalement différent. Mais adhère à ce qui touche au corps, car là je partage totalement ce qu’il en dit.Le corps est impliqué de A à Z, sans q jamais présider au ressenti. C’est l’âme qui est omniprésente.

    N-L

    Aimé par 1 personne

  3. brooklyn37 dit :

    C’est un si joli texte que voilà, doux léger, ça fait du bien à la tête !
    Prends soin de toi.
    Tony

    Aimé par 1 personne

  4. loisobleu dit :

    D’autant plus que le moins que l’on puisse dire, c’est bien que là où la fleur apparait, celui qui parlerait encore de résignation mentirait… la fleur n’étant qu’ô vive !
    N-L

    Aimé par 1 personne

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