Quand tu me vois baiser tes bras …

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Quand tu me vois baiser tes bras
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Stances
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Quand tu me vois baiser tes bras,

Que tu poses nus sur tes draps,

Bien plus blancs que le linge même,

Quand tu sens ma brûlante main

Se pourmener dessus ton sein,

Tu sens bien, Cloris, que je t’aime.
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Comme un dévot devers les cieux,
Mes yeux tournés devers tes yeux,

A genoux auprès de ta couche,

Pressé de mille ardents désirs, 

Je laisse sans ouvrir ma bouche,

Avec toi dormir mes plaisirs.
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Le sommeil aise de t’avoir

Empêche tes yeux de me voir,

Et te retient dans son empire

Avec si peu de liberté,

Que ton esprit tout arrêté

Ne murmure ni ne respire.
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La rose en rendant son odeur,

Le soleil donnant son ardeur,

Diane et le char qui la traîne,

Une Naïade dedans l’eau,

Et les Grâces dans un tableau,

Font plus de bruit que ton haleine.
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Là je soupire auprès de toi,

Et considérant comme quoi

Ton oeil si doucement repose,

Je m’écrie : ô Ciel ! peux-tu bien

Tirer d’une si belle chose

Un si cruel mal que le mien ?
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❤️ Théophile de VIAU (1590-1626) ❤️
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(Source blog « dessin de Daniel)

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6 commentaires sur “Quand tu me vois baiser tes bras …

  1. loisobleu dit :

    J’étais assis
    Tout contre la lune
    Un voile odorant
    Agitant doucement
    La vague de ses mains
    Du cou aux épaules
    Quand une comète
    Plus rieuse que les autres
    A dit stance
    En posant ses lèvres à mon oreille
    L’instant se vêtit de tant de circon-stances
    Qu’en te sentant si près je mesurai
    Le mal heurt qu’une chute de si ô pourrait
    Avoir en ailes
    Si le rêve tombait du nid

    ❤️🐾❤️🐾❤️
    N-L – 17/07/16

    Aimé par 1 personne

    • loisobleu dit :

      CONFIANCE

      Ami, tu me dis : « Joie extrême !
      Donc, ce matin, comblant ton voeu,
      Rougissante, elle a dit : Je t’aime !
      Devant l’aube, cet autre aveu.

      Ta victoire, tu la dévoiles.
      On t’aime, ô Léandre, ô Saint-Preux,
      Et te voilà dans les étoiles,
      Sans parachute, malheureux ! »

      Et tu souris. Mais que m’importe !
      Ton sourire est un envieux.
      Sois gai ; moi, ma tristesse est morte.
      Rire c’est bien, aimer c’est mieux.

      Tu me croyais plus fort en thème,
      N’est-ce pas ? tu te figurais
      Que je te dirais : Elle m’aime,
      Défions-nous, et buvons frais.

      Point. J’ai des manières étranges ;
      On fait mon bonheur, j’y consens ;
      Je vois là-haut passer des anges
      Et je me mêle à ces passants.

      Je suis ingénu comme Homère,
      Quand cet aveugle aux chants bénis
      Adorait la mouche éphémère
      Qui sort des joncs de l’Hypanis.

      J’ai la foi. Mon esprit facile
      Dès le premier jour constata
      Dans la Sologne une Sicile,
      Une Aréthuse en Rosita.

      Je ne vois point dans une femme
      Un filou, par l’ombre enhardi.
      Je ne crois pas qu’on prenne une âme
      Comme on vole un maravedi.

      La supposer fausse, et plâtrée,
      Non, justes dieux ! je suis épris.
      Je ne commence point l’entrée
      Au paradis, par le mépris.

      Je lui donne un coeur sans lui dire :
      Rends-moi la monnaie ! – Et je crois
      À sa pudeur, à mon délire,
      Au bleu du ciel, aux fleurs des bois.

      J’entre en des sphères idéales
      Sans fredonner le vieux pont-neuf
      De Villon aux piliers des Halles
      Et de Fronsac à l’Oeil-de-Boeuf.

      Je m’enivre des harmonies
      Qui, de l’azur, à chaque pas,
      M’arrivent, claires, infinies,
      Joyeuses, et je ne crois pas

      Que l’amour trompe nos attentes,
      Qu’un bien-aimé soit un martyr,
      Et que toutes ces voix chantantes
      Descendent du ciel pour mentir.

      Je suis rempli d’une musique ;
      Je ne sens point, dans mes halliers,
      La désillusion classique
      Des vieillards et des écoliers.

      J’écoute en moi l’hymne suprême
      De mille instruments triomphaux
      Qui tous répètent qu’elle m’aime,
      Et dont pas un ne chante faux.

      Oui, je t’adore ! oui, tu m’adores !
      C’est à ces mots-là que sont dus
      Tous ces vagues clairons sonores
      Dans un bruit de songe entendus.

      Et, dans les grands bois qui m’entourent,
      Je vois danser, d’un air vainqueur,
      Les cupidons, gamins qui courent
      Dans la fanfare du coeur.

      Victor Hugo

      Aimé par 1 personne

  2. Bouesso dit :

    Poème sensuel et charnel qui donne des ailes à l’amour

    Aimé par 1 personne

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