PENSEE PERDUE

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Pensée perdue
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Elle est si douce, la pensée, 

Qu’il faut, pour en sentir l’attrait, 

D’une vision commencée 

S’éveiller tout à coup distrait.
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Le coeur dépouillé la réclame ; 

Il ne la fait point revenir, 

Et cependant elle est dans l’âme, 

Et l’on mourrait pour la finir.
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A quoi pensais-je tout à l’heure ? 

A quel beau songe évanoui 

Dois-je les larmes que je pleure ? 

Il m’a laissé tout ébloui.
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Et ce bonheur d’une seconde, 

Nul effort ne me l’a rendu ; 

Je n’ai goûté de joie au monde 

Qu’en rêve, et mon rêve est perdu.
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❤️ René-François SULLY PRUDHOMME ❤️
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6 réflexions sur “PENSEE PERDUE

  1. VOICI

    Voici un cerf-volant dessiné dans le ciel

    Tout un bas-relief d’aristoloches

    Une motocyclette à l’ombre des subtilités aux

    planches vermoulues

    .

    Voici des bonbons anglais dans un bocal

    Du lait répandu devant la porte

    Un crapaud dans le coin de la cave

    (vous le voyez nous ne sommes pas seuls)

    Un coq chante il débagoule que nous sommes condamnés

    à toutes les indigences toutes les ignorances

    toutes les inquiétudes

    à toutes les folies

    .

    Voici le champ d’asperges et puis voilà la guerre

    qui n’est vraiment passionnante qu’au cinéma

    Voici le cerf-volant dessiné dans le ciel

    Et puis voilà la guerre coprophage et puante

    .

    Voici des champignons paillotes des champs

    Chant du sang de la terre

    .

    Voici le tournant qui revient sans cesse

    le facteur de Chanteuges qui connaît le contenu

    de chacune des lettres qu’il porte rien qu’au toucher

    Quelqu’un parle d’avenir il dit ce que nous voulons

    nous le pouvons

    Il dit je t’écrirai plus longuement plus tard

    .

    Voici l’escalier qui semble n’avoir rien à voir avec la demeure

    Un escalier patient comme sorti de terre

    Et voilà notre soif qui nous départage dès l’aube

    et fait parfois d’un arbre un cri d’ombre et d’oiseau

    .

    Voici l’escalier qui semble n’avoir rien à voir avec la demeure

    escalier patient comme sorti de terre

    Voilà cette femme d’avant qui parle près du poêle

    qui parle de ses enfants partis qui reviennent sans cesse

    dans la conversation

    .

    Voici les champs bordés de pissenlits

    Voici la montagne traversée d’un âne les fusains

    La maison fermée où nous ne dormirons jamais

    .

    Voici Madame de Warens dans l’esprit de

    l’adolescent qui s’emploie avec son canif à tirer

    une canne d’une branche de noisetier

    .

    Voici des faits divers sanglants douteux

    Et puis comme un leitmotiv voilà la guerre

    coprophage

    et puante

    Quelqu’un s’arrache de la foule et jette

    Vive la Liberté

    Qu’est ce qu’il dit demande le voisin

    Ce n’est rien dit l’autre en haussant les épaules

    encore un exalté

    .

    Voici l’auberge où la patronne répétait à son mari

    Abrège abrège souviens-toi

    Il ressemble à ( tu sais bien )

    il me fait penser au petit de la fille de ( tu sais bien )

    .

    Voici ce que nous sommes et ce que nous étions

    .

    Voici la mer

    La mer qui rend toute parole sublime et superflue

    La mer cette entreprise cette machination de Dieu

    Sa preuve sa négation sa géniale publicité

    Et puis

    voici la mer

    Jean-Pierre Rosnay

    Et puis voici le néant offert par le déni du rêve
    en un mot
    la vie en copié-collé du tous-les-joursnon
    j’en voici point

    C+B+B+C

    N-L
    1er Février 2016

    Aimé par 1 personne

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