LES FLEURS

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Oh ! de l’air ! des parfums ! des fleurs pour me nourrir ! 

Il semble que les fleurs alimentent ma vie ; 

Mais elles vont mourir…. Ah ! je leur porte envie : 

Mourir jeune, au soleil, Dieu ! que c’est bien mourir !

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Pour éteindre une fleur il faut moins qu’un orage : 

Moi, je sais qu’une larme effeuille le bonheur. 

À la fleur qu’on va fuir qu’importé un long courage ? 

Heureuse, elle succombe à son premier malheur !
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Roseaux moins fortunés, les vents, dans leur furie, 

Vous outragent longtemps sans briser votre sort ; 

Ainsi, roseau qui marche en sa gloire flétrie, 

L’homme achète longtemps le bienfait de la mort !
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Et moi, je veux des fleurs pour appuyer ma vie ; 

A leurs frêles parfums j’ai de quoi me nourrir : 

Mais elles vont mourir…. Ah ! je leur porte envie ; 

Mourir jeune, au soleil, Dieu ! que c’est bien mourir !
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❤️ Marceline Desbordes-Valmore ❤️
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11 réflexions sur “LES FLEURS

  1. D’un été où la vie fit donner à la mort un odorant bouquet, vaste chant, nous évoquames ce parfum dans toute sa couleur.
    Après un temps où les poubelles connurent le fané apparent des fleurs, il est bon de voir que de l’arôme tout demeure.

    N-L 14/12/15

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