RIEN

RIEN …

Un … Deux … Trois pas …. Quatre … Cinq … Six ….

Je lève les yeux au ciel …. RIEN, RIEN que le soleil à son zénith … RIEN que mes yeux brûlés, incapables de lutter contre cette attraction … Il n’y a plus de bleu dans le ciel … Plus de jaune … Plus de vert au sol … Plus de bleu, verdâtre, dans le lit de la rivière …. RIEN, que deux longues jambes qui, un pas après l’autre, longent cette rivière, aujourd’hui calme, sereine … RIEN que cette rivière, métronome des battements de mon coeur … RIEN …

RIEN que cette robe qui virevolte, sans vent …. Tantôt elle se soulève, si lègere, quand mes pas s’accélèrent …. Tantôt elle se coince entre mes cuisses … Elle s’y colle, s’y frotte … RIEN … RIEN ne l’empêche de s’agripper à mon pubis, qui n’a RIEN d’imberbe, absolument RIEN …

RIEN, pas un souffle d’air ….

Sept … Huit … Neuf pas …

Au diable mes sandales, mes pieds se veulent libres … Libres d’aller, de venir … De caresser le sol de toute leur peau…. D’embrasser cette terre sèche, de flirter avec la surface de l’eau, RIEN de plus, RIEN de moins …

Etouffante … RIEN …. RIEN que des berges désertes, la tendance est à la sieste … Etouffante

De coton ma robe s’est faite plomb, impossible à porter une seconde de plus ! D’un seul mouvement de bassin, apres en avoir fait glisser la fermeture éclair, les bretelles, d’un seul mouvement de bassin, elle tombe à mes pieds ….. RIEN, plus RIEN ….

Eve de la première heure

Mes yeux, focus, se sont adaptés au décor, les couleurs sont moins pâles et je devine le paysage … Trop tôt, c’est bien trop tôt, moi, je ne veux RIEN !! RIEN que l’éblouissement … Le soleil, vite, vite, LE soleil !!

Dix … Onze … Douze pas …

Il brûle …. Oh oui, il me brûle à rougir l’extérieur … A consummer l’intérieur …. RIEN que ses rayons pour regard, curieux comme jamais ! Il glisse le long de mon cou, sur mes épaules … S’attardant sur cette peau mienne, ma peau nue …

Phénix sous ce ciel ! Etourdie, je me laisse tomber. Allongée sur le sol, mes yeux ne cherchent que la lumière, mes mains la vie ! RIEN de plus que la vie, RIEN de moins …

Elle existe indéniablement au coeur de chacunes de mes courbes, rondes de douceurs, pleines de tendresse …

Comme ce sein qui se glisse dans ma paume, se dressant vers ce soleil, petit bouton gorgé de féminité … RIEN qu’une Femme

Mon coeur, mon coeur bat dans mon ventre, tacchicarde …

Le charnu, merveilleusement proéminant, de mon postérieur n’est que l’assise du plus intime… RIEN … Ma main cherche en corps l’étincelle, l’ultime celle de l’origine du monde … Fouillant, avide de savoir, avide de comprendre, eblouie même les yeux fermés.

RIEN … RIEN que le murmure de l’eau ….

Et …. Au bruissement d’ailes, j’ouvre grand les yeux … Devant le soleil elle tourne, encore, et encore … À m’en donner le vertige …. Elle m’appelle, moi, sur mes deux pieds …. Elle s’éloigne, elle revient, repart, Blanche colombe …. Elle m’attend, je le vois, elle m’attend …. « Cours, s’impatiente-t’elle cours …. Ne perds plus de temps !! » …. « Mais je suis là, attends, j’arrive, je cours !!  » Peu m’importe le sol, je vole …

Mais elle s’éloigne , à disparaître ….

Non, non, elle revient !! Elle n’est plus seule, à son côté il vole, je le vois, l’oiseau … Les rayons du soleil sur la Blancheur du plumage m’aveugle … Est-il bien Bleu, l’Oiseau ??

Je cours, je cours …. Mais ils ont disparus, de l’autre côté de la berge !

RIEN, plus RIEN dans le ciel …

RIEN sur la berge …

Oh si ….. Si …. Il court sur sa berge, il court mains tendues, mains tenant ….

Mon A dans …

… Que vienne le Pont …

*** Idéelle ***

Tourves, le 24 novembre 2014

IMG_5658.JPG

3 réflexions sur “RIEN

  1. Rien… ou un tout petit quelque chose
    qui apparaît là, sur l’écran
    de toutes les nuits blanches.

    Rien: je le néglige
    Je le range, je l’oublie
    Je suis encore endormi

    Rien… j’ai d’autres choses à faire,
    Que de m’occuper de ce point
    Qui ne cesse de grandir .

    Rien… juste un léger doute
    Y a de fortes chances
    Que ça ne croise pas ma route

    Rien … ou si improbable
    Que ça soit pour moi,
    Y a tant d’autres riens…

    Rien… tu crois au hasard ?
    Le tirage du mauvais sort,
    Face à ta propre mort ?

    Rien … mais tu étais là,
    Où il ne fallait pas être
    Tu n’y pouvais rien.

    Rien ( ne sert de courir, il faut partir à point )
    … trop tard, – ça ne sert à rien,
    tu es sur le parcours de l’avalanche.

    Ou face à des assassins,
    Qui te tirent dessus – l’air de rien
    Evidemment, tu n’en savais rien.

    Comment,? — tu ne dis plus rien ?
    Evidemment, j’oubliais, tu es mort…
    —- Pour Rien

    RC – nov 2015

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s