LA MAIN DE L’HOMME N’EST VRAIMENT VIVANTE …

Au fil de mes errances sur la toile, de blog poétique en blog poétique, je fini pas cliquer sur un lien m’amenant sur cette strophe de Lucien Becker :

« La main de l’homme n’est vraiment vivante
que quand elle s’enfonce entre deux cuisses
pour y chercher un sexe
qui se laisse découvrir comme un fruit dans l’herbe »

Oui, le blog en question ne publie QUE de la poèsie érotique …

Cette strophe, me coupe dans mon élan … La main de l’homme n’est-elle vivante qu’ainsi située ? Moi qui fantasme sur la main du poète, soudée à sa plume … Sur la main du peintre attachée à son pinceau …

A défaut de me troubler, l’image m’amuse … Un temps …

Et puis, ne m’amuse plus lorsque je découvre l’ensemble du poème … L’ensemble du desespoir de Lucien Becker …. « Rien à Vivre » ….

Touchée, bouleversée …

Le désir comme « seule issue » …
Le désir comme une respiration, une bouffée d’oxygène pour ne pas sombrer ….

Je vous laisse (re)découvrir le poème en question 😉

*** Idéelle ***

 

 

 

*** Après une journée perdue comme toutes les autres
à attendre dans un bureau qu’on ait gagné sa vie,
on entre dans la nuit
avec la certitude qu’elle vous offrira sa rançon de femmes.

Nuit toujours pareille avec ses convois de lumière
nuit tournant sous de hautes montagnes de vent
nuit qui fait briller les regards
nuit légère sur les paupières comme la mer sur les coquillages.

La main de l’homme n’est vraiment vivante
que quand elle s’enfonce entre deux cuisses
pour y chercher un sexe
qui se laisse découvrir comme un fruit dans l’herbe.

Cette chair que je froisse que j’attire à moi
comme une branche trop chargée
cette chair qui frémit
à mesure qu’on la dénude de son linge
comme on le fait à une jeune pousse
de l’argile qui la recouvre
cette chair est la seule étendue
où mon corps peut jeter l’ancre.

Cette chair est la seule issue
qui me mène à la pointe d’un désir
neuf et luisant comme un fer qu’on forge.
Comme une taupe le désir fouille cette femme
qui respire de tout son ventre.

© Lucien Becker, Rien à Vivre, 1947, Gallimard ***

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10 réflexions sur “LA MAIN DE L’HOMME N’EST VRAIMENT VIVANTE …

  1. Léo Ferré
    L’amour fou

    La mer en vous comme un cadeau
    Et dans vos vagues enveloppée
    Tandis que de vos doigts glacés
    Vous m´inventez sur un seul mot
    O Ma Frégate des hauts-fonds
    Petite frangine du mal
    Remettez-vous de la passion
    Venez que je vous fasse mal
    Je vous dirai des mots d’amour
    Des mots de rien de tous les jours
    Les mots du pire et du meilleur
    Et puis des mots venus d´ailleurs
    Je vous dirai que je t´aimais
    Tu me diras que vous m´aimez
    Vous me ferez ce que tu peux
    Je vous dirai ce que tu veux
    Je vous dirai ce que tu veux
    Je vous aime d´amour
    Si t´as seize ans et des poussières
    À nous deux ça fait des années
    Que je prépare ma galère
    À te ramer à t´affoler
    Voilà que tu cherches ton bien
    Dans les vitrines de ma nuit
    Achète-moi je ne vaux rien
    Puisque l´amour n´a pas de prix
    Comme une louve sous son loup
    Quand je vous ferai des petits
    Vous banderez vos yeux jaloux
    Avec un loup de satin gris
    Tout comme est gris le jour qui va
    Petite sœur écoutez-moi
    Comme un bateau entre mes doigts
    Vous coulerez je vous le dois
    Vous coulerez je vous le dois
    Je vous aime d´amour
    Si la mort avait ton regard
    Je meurs ce soir sans regarder
    Et te demanderai ma part
    Au bord du vide et des baisers
    L´amour ça ne meurt que la nuit
    Alors habille-toi en moi
    Avec un peu de rouge aussi
    J´aurai ta mort entre mes bras
    Lorsque vous me mettrez en croix
    Dans votre forêt bien apprise
    Et que je boirai tout en bas
    La sève tant et tant promise
    Je vous engouffrerai de sang
    Pendant que vous serez charmée
    Et je vous donnerai l´enfant
    Que vous n´avez jamais été
    Que vous n´avez jamais été
    Je vous aime d´amour

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      • Je suis un éteignoir là-haut, sur les glaciers là-bas,
        vers l’azur qui violette,
        Ici, dans ce midi d’automne, ailleurs, dans la cale qui crisse,
        je dessine la Nuit.
        Je suis la gomme à effacerLes gratte-ciel au crépuscule
        Et le buvard qui vient sécher
        Les mains moites des funambules
        Je suis le jour des yeux crevés
        Et qui regardent en dedans
        Des couleurs à réinventer
        Que ne voient jamais les voyantsLa poesie…hummmmm si les gens savaient! C’est f a n t a s t i q u e

        La poésie, a dit le poète, n’est que folie
        Mais d’une folie raisonnée et raisonnable
        Le poète c’est l’imaginaire constante
        Un monde d’ailleurs, loin…là- bas

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  2. Un poète trop méconnu
    Pourtant ses oeuvres sont un hymne à la femme, au désir, à l’amour érotique et sensuel.
    Desnos est pas mal non plus
    Éluard aussi
    Et puis, et puis, Léo Ferré est à cité comme le dernier des poètes chansonnier du XX et XXIême siecle après Apollinaire.

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  3. Euh…la main de l’homme…et celle de la femme là? Lol! Le poème de Becker est une triste réalité d’un homme qui s’ennuie dans sa propre vie et qui ne crois revivre que par le passage d’un corps à corps. Alors tristeemet, il finit par croire que rien d’autre ne va plus sans cette croyance quelque peu banale. C’est tout de même très poétique et je dis comme toi, un peu boulversant. Enfin, c’est touchant tout de même…merci et bonne semaine, Delvi.

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